13mars
Pour sauver le fleuve, le gouvernement doit rouvrir l’accès à nos lacs
Aux élus du gouvernement du Québec, aux médias et à mes concitoyens,
En tant que président de l'Association des Pêcheurs Sportifs du Québec (APSQ), je reçois quotidiennement les témoignages de pêcheurs exaspérés. Les nouvelles restrictions de pêche dans les zones 7 et 8, touchant le fleuve Saint-Laurent et ses tributaires, sont la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
Si la limite globale de capture du doré demeure à 6, le ministère vient d'imposer un sous-quota chirurgical : un maximum de 2 dorés jaunes. Les 4 autres doivent obligatoirement être des dorés noirs. Pour le brochet, la contrainte est encore plus brutale : un seul spécimen permis, et uniquement s'il se situe dans une fenêtre de taille ultra-précise de 56 à 70 cm.
Ces mesures, présentées comme de la conservation, cachent mal un problème de gestion beaucoup plus profond : l’« effet d’entonnoir » créé par la fermeture de nos lacs intérieurs.
Depuis des années, l'APSQ dénonce la privatisation déguisée de nos plans d’eau publics. De trop nombreuses municipalités verrouillent l'accès à « leurs » lacs ou imposent aux non-résidents des tarifs de mise à l'eau discriminatoires, dépassant souvent les 100 $ pour une seule journée. Chassés de l’arrière-pays par ces barrières tarifaires, les milliers de pêcheurs du Québec n'ont d'autre choix que de se rabattre massivement sur le fleuve Saint-Laurent, l’un des derniers accès encore publics et abordables.
Cette concentration forcée sur un seul tronçon de rivière crée une pression de pêche artificielle. En limitant drastiquement la récolte de dorés jaunes sur le fleuve, le gouvernement tente de compenser son incapacité à forcer les municipalités à ouvrir leurs portes. On punit les pêcheurs sportifs pour une surpêche que l'État a lui-même provoquée par son inaction face au manque d'accès ailleurs sur le territoire.
Le résultat est déjà visible : l'exil vers l'Ontario, le Vermont ou l'État de New York. Chez nos voisins, l'accès à l'eau est perçu comme un droit collectif. On y trouve des rampes gratuites ou à prix modiques et une réglementation cohérente. Le Québec est en train d'exporter ses passionnés, sa relève et ses dollars touristiques parce qu'il laisse ses propres lacs devenir des clubs privés pour résidents.
Au nom de l'Association des Pêcheurs Sportifs du Québec, je demande aujourd'hui au gouvernement d'agir avec fermeté pour :
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Forcer les municipalités à offrir des accès aux plans d'eau à des coûts raisonnables et uniformes pour tous, peu importe leur code postal.
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Conditionner les subventions gouvernementales (infrastructures, voirie, faune) à l'obligation pour les municipalités de garantir un accès équitable aux rampes de mise à l'eau.
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Reconnaître que l'eau est un bien public et que la gestion de la faune doit passer par une répartition équitable de la pression de pêche sur l'ensemble du territoire.
Si on veut réellement protéger le doré jaune du fleuve, il faut impérativement redonner aux Québécois le droit de pêcher sur l'ensemble de leurs lacs publics. L'accès à notre nature ne doit plus être un luxe réservé à une élite.
Stéphan Bourgeois, Président Association des Pêcheurs Sportifs du Québec (APSQ)
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